Fiches de métiers

Forgeron industriel sur forge libre

FICHE METIER BOSSONS FUTE N°244

ROME : H2904 CITP-08 : 7221 PCS 2003 : 474c - 484b - 623a

1. INTITULES SYNONYMES OU APPARENTES

  • Conducteur de presse à forger, technicien de forge, presseur, formeur, maréchal ferrant, taillandier

2. DEFINITION

  • Le forgeron est un artisan ou ouvrier professionnel, utilisant les mains et les matériaux pour créer, assembler et façonner des pièces de métal uniques ou entrant dans la composition de bâtiments ou de machines
  • Il assure la mise en forme à chaud des pièces jusqu'à la rendre conforme à un gabarit.

3. FORMATION - QUALIFICATION

  • L’activité est accessible à tous dans la mesure où l’apprentissage peut se faire sur le terrain par l’intermédiaire d’une entreprise de mécanique. La formation en apprentissage est également accessible ou à partir de formations de niveau V (CAP, BEP, CFPA) dans les domaines de la forge, de la construction métallique et de la ferronnerie.
  • La formation professionnelle continue d’une période de 10 à 16 mois peut se faire pour obtenir un diplôme de maréchalerie.
  • Le métier nécessite une grande forme physique, une habileté manuelle et une résistance à la chaleur.

4. ACTIVITE PRINCIPALE

4.1. LIEUX D'ACTIVITE

  • Entreprise de métallurgie, forge.

4.2. DESCRIPTION DE L'ACTIVITE

L'activité consiste à :

  • Allumer le gaz de la forge pour assurer le chauffage des sommiers
  • Prendre connaissance de l'ordre de production
  • Récupérer la pièce
  • Installer la pièce à travailler sur le sommier inférieur de la forge avec un matériel de manutention adapté
  • Poser le gabarit sur la pièce pour déterminer la nature des opérations à mener
  • Saisir à la pince mécanique la pièce à former
  • Piloter du poste de contrôle la pince pour la mettre dans les mettre dans la position nécessaire aux diverses opérations
  • Faire contrôler par un autre opérateur la bonne position de la pièce
  • Activer le sommier supérieur par commande numérique pour travailler la pièce et lui donner la forme voulue
  • Contrôler la température pour juger la malléabilité de la pièce
  • Répéter l'opération aussi souvent que nécessaire

4.3. MACHINES ET OUTILS UTILISES

  • Sommier supérieur et sommier inférieur de la forge
  • Rampes de chauffage à gaz
  • Poste de commandes numériques
  • Pièces métalliques de différentes tailles
  • Masses métalliques
  • Gabarits
  • Chariots automoteurs
  • Sondes thermiques
  • Barres d'écrasement
  • Trains porte-pinces
  • Porte-pinces

4.4. PRODUITS ET MATERIAUX UTILISES

  • Gaz
  • Craies de marquage
  • Lubrifiants
  • Charbon

4.5. PUBLIC ET RELATIONS SOCIALES

  • Travail en équipe nécessitant une bonne coordination
  • Le métier de forgeron, en tant qu’artisan demande de l’écoute et de l’échange avec le client pour atteindre ses attentes. Il doit être en permanence vigilant à ce que son travail soit en accord avec l’entreprise ou le particulier pour qui il travaille.

4.6. EXIGENCES PARTICULIERES

  • Le sens du travail en équipe
  • Le respect des consignes de sécurité
  • Une bonne tolérance à la chaleur
  • L'intégrité de l'appareil locomoteur

4.7. TRAVAILLEURS HANDICAPES

  • Sous réserve d’en avoir les capacités professionnelles l’emploi peut être accessible à des travailleurs présentant certains types de handicaps moyennant des adaptations : surdité-mutité, troubles du langage, maladies chroniques et cancers
  •  Le métier de forgeron est difficilement compatible avec des handicaps moteurs et physique comme la cécité, les troubles de la coordination ou des difficultés à la préhension.
  • Le métier n’est pas facilement accessible aux personnes en situation de handicap physique pouvant diminuer les déplacements (fauteuil roulant…) car il nécessite de nombreux déplacement, de la dépendance aux matériels et matériaux de forge.

5. ACTIVITES POUVANT ETRE ASSOCIEES

  • Rotation sur les divers postes : débit en lopin, rayonnage, étuvage, enverrage, matriçage, estampage.

6. DANGERS

6.1. ACCIDENTS DU TRAVAIL

  • Rupture et projection de pièces
  • Blessures avec des outils/organe en mouvement
  • Projection de corps étranger dans les yeux
  • Brûlures oculaires ou de la peau
  • Chute de pièces
  • Chutes (sol glissant : graisses)
  • Ecrasement
  • Intoxication au gaz
  • Collision en raison de la circulation intérieure de chariots automoteurs

6.2. AMBIANCES ET CONTRAINTES PHYSIQUES

  • Rayonnement infrarouge
  • Chaleur
  • Bruit
  • Station debout prolongée
  • Manutention, port de charges

6.3. AGENTS CHIMIQUES

  • Gaz
  • Lubrifiants (graisse, gasoil)
  • Produits de dégradation de la combustion de lubrifiants (Type hydrocarbures aromatiques polycycliques)
  • Fibres céramiques réfractaires (FCR)

6.4. AGENTS BIOLOGIQUES

  • Néant

6.5. CONTRAINTES ORGANISATIONNELLES ET RELATIONNELLES

  • Veiller à la sécurité des autres opérateurs avant toute intervention
  • Travail en journée ou travail posté en 2X8 ou en 3X8, travail de nuit, travail en fin de semaine

7. RISQUES POUR LA SANTE

7.1. MALADIES PROFESSIONNELLES

  • Tableau n°36: Affectation provoquées par les huiles et graisses minérale ou de synthèse
  • Tableau n°42 RG : Atteinte auditive provoquée par les bruits lésionnels
  • Tableau n°44 : Affections consécutives à l'inhalation de poussières ou de fumées d'oxyde de fer
  • Tableau n°69: Affectations provoquées par les vibrations et chocs transmis par certaines machines-outils, outils et objets et par les chocs itératifs du talon de la main sur des éléments fixes
  • Tableau n°70 RG : Affections professionnelles provoquées par le cobalt et ses composés
  • Tableau n°70 bis RG : Affections respiratoires dues aux poussières de carbures métalliques frittés ou fondus contenant du cobalt
  • Tableau n°97 RG : Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par les vibrations de basses et moyennes fréquences transmises au corps entier
  • Tableau n°98 RG : Affections chroniques du rachis lombaire provoquées par la manutention manuelle de charges lourdes

7.2. AUTRES MALADIES LIEES A L'ACTIVITE PROFESSIONNELLE

  • Maladies cardio-vasculaires (pénibilité dans une ambiance surchauffée)
  • Cancers (produits de dégradation des lubrifiants, fibres céramiques réfractaires)

8. SURVEILLANCE MÉDICALE

8.1. ORGANISATION

  • Cas général
    • La visite médicale d'embauche est remplacée par une visite d’information et de prévention assurée par un professionnel de santé
    • Elle doit être effectuée dans les 3 mois qui suivent l’embauche
    • La visite d’information donne lieu à la délivrance d’une attestation de suivi remise au salarié et à l’employeur
    • La VIP reste valable en cas de changement d’entreprise si l’emploi occupé présente des risques équivalents.
    • La périodicité des visites d’information et de prévention ne doit pas excéder 5 ans
    • La périodicité des visites d’information et de prévention peut être modulée par le médecin
    • Des visites médicales à la demande du médecin, du salarié ou de l'employeur sont possibles
    • Des visites médicales de pré-reprise sont prévues en cas d'arrêt de plus de 3 mois
    • Des visites médicales de reprise sont obligatoires
      • dans les 8 jours qui suivent la reprise effective du travail
      • après un congé de maternité ; une absence pour cause de maladie professionnelle ; absence d'au moins trente jours pour cause d'accident du travail, de maladie ou d'accident non professionnel.
    • Des demandes de visite sont nécessaires
      • pour tout arrêt de travail d'une durée inférieure à trente jours pour cause d'accident du travail
      • afin d'apprécier l'opportunité d'un nouvel examen médical et, avec l'équipe pluridisciplinaire, de préconiser des mesures de prévention des risques professionnels.
  • Cas particuliers
    • Une visite médicale préalable à l’affectation sur le poste est obligatoire pour les travailleurs sur des postes spécifiques à la demande de l’employeur
    • La visite de suivi individuel renforcé (VSIR) donne lieu à la délivrance d’un avis d’aptitude ou d’inaptitude remise au salarié et à l’employeur
    • La périodicité des visites de suivi individuel renforcé ne doit pas excéder 4 ans avec une entretien infirmier intermédiaire qui doit être réalisée dans les 2 ans

8.2. CONTENU

  • On recherchera à l'interrogatoire plus particulièrement certains antécédents :
    • Antécédents neuro-psychiatriques : épilepsie, vertiges, pertes de connaissances, troubles psychiatriques
    • Antécédents cardiovasculaires : hypertension artérielle élevée non traitée, troubles du rythme ou de la conduction, angor
    • Antécédents pulmonaires : asthme, dyspnée d'effort
    • Antécédents endocriniens : diabète insulino-dépendant, hypoglycémie
    • Antécédents rhumatologiques : lombo-sciatique, douleurs articulaires
    • Antécédents ORL : troubles de l'audition
    • Mode de vie : pratique d'un sport, tabagisme, prise régulière de boissons alcoolisées, consommation de drogues, prise de médicaments pouvant altérer la vigilance (antalgiques, sédatifs, anxiolytiques...)
  • L'examen clinique portera notamment sur :
    • Examen cardiovasculaire : auscultation cardiaque, TA, palpation des pouls périphériques, test de Ruffier-Dickson
    • Examen ostéoarticulaire, en particulier du rachis
    • Examen neurologique : recherche de troubles de l'équilibre, d'un déficit moteur
    • Examen de la vue, examen de l'audition
    • Examen des urines : recherche d'une glycosurie, d'une hématurie, d'une protéinurie...
  • Examens complémentaires
    • Audiogramme selon le résultat de la sonométrie (articles R4431-2 et R4435-2 du code du travail) ; en cas de déficit auditif, orientation vers un spécialiste
    • A discuter selon les cas :
      • Épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR)
      • ECG, test d'effort, échographie cardiaque
      • Radiographie pulmonaire
      • NFS avec dosage de l'hémoglobine (facteur important de l'activité musculaire)
      • Recherche des drogues dans les fluides biologiques
  • Vaccinations
    • DTPolio conseillé tous les 20 ans entre 25 et 65 ans
  • Suivi post professionnel
    • Néant sauf risques associés particuliers
  • Dossier médical
    •  L’article 96 du code de déontologie médicale dispose que : « Sous réserve des dispositions applicables aux établissements de santé, les dossiers médicaux sont conservés sous la responsabilité du médecin qui les a établis. » (art R 4127-96 du Code de Santé Publique)
    • Pas de durée réglementaire de conservation du dossier médical mais la prescription en matière de responsabilité médicale est de dix ans à compter de la date de consolidation d'un dommage éventuel.
    • Cas particuliers du délai de conservation du dossier médical :
      • Agents chimiques dangereux et agents chimiques dangereux cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction : 50 ans à compter de la cessation de l’exposition (article R 4412-55 du code du travail)
      • Rayonnements ionisants : 50 ans à compter de la cessation de l’exposition (article R 4451-90 du code du travail)
      • Amiante : 50 ans à compter de la cessation de l’exposition (article D 4412-95 du code du travail)

9. NUISANCES POUR L'ENVIRONNEMENT EXTERIEUR

  • La plupart des forges sont installées dans des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE).
  • Bruit
  • Incendie, explosion liée au gaz
  • Circulations de camions
  • Pollution de l’air (fumée de métaux)

10. ACTIONS PREVENTIVES

Les activités de   forgeron peuvent entrer dans le champ d'application des textes sur la pénibilité en raison des contraintes suivantes : manutention, postures pénibles, exposition aux agents chimiques dangereuxbruit, travail de nuit, travail en équipes successives alternantes, travail répétitif, hyperbarie, températures extrêmes : chaleur , températures extrêmes : froid

10.1. INDICATEURS D'AMBIANCE ET METROLOGIE

  • Bruit : mesurage du niveau d'exposition au bruit à l'aide d'un sonomètre et/ou d'un exposimètre
  • Manutention : analyse de la manutention manuelle au poste de travail
  • Pollution de l'air : vérifier si l’air est correctement renouvelé
  • Température des locaux et des postes de travail
  • Planning

10.2. PREVENTION COLLECTIVE

  • Ventilation des lieux de travail
  • Suppression/Substitution des produits les plus toxiques
  • Sécurisation des machines
  • Balisage des voies de circulation avec séparation piétons chariots
  • Limitation de l'accès au poste de travail aux seuls opérateurs
  • Rangement de l'atelier
  • Aides à la manutention (charges lourdes pour les TMS)

10.3. PREVENTION INDIVIDUELLE

  • Vêtements de travail adaptés et correctement entretenus
  • Tablier
  • Combinaison thermo protectrice
  • Casque
  • Masque
  • Lunettes de sécurité
  • Protection auditive (bouchons d'oreille moulés)
  • Gants de manutention, gants thermo-protecteur, gants anti-coupure
  • Chaussures de sécurité

10.4. FORMATION - INFORMATION - SENSIBILISATION

  • Formation au poste de travail
  • Formation PRAP (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique)
  • Formation et information sur le bruit
  • Formation à la mise en oeuvre et à l'utilisation des équipements de protection individuelle (EPI)
  • Formation à la conduite des chariots automoteurs (CACES) et ponts roulants
  • Formation sur les dangers des produits utilisés

11. REGLEMENTATION

11.1. TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

  • Article L4121-2 respect des principes généraux de prévention
  • Articles R4212-2 à R4212-3 du Code du travail : ventilation
  • Article R4213-5 du Code du travail : bruit du bruit dans les locaux de travail
  • Articles R4431-1 et suivants => R4437-4 : Prévention des risques d'exposition au bruit
    • Articles R4432-1 du Code du travail : réduction du bruit au niveau le plus bas possible
    • Articles R.4435-2 à R4436-1 sur la surveillance médicale et l’information des travailleurs
  • Articles L3222-1 et suivants sur le travail de nuit

11.2. RECOMMANDATIONS

RECOMMANDATIONS DE LA CNAMTS

11.3.  NORMES

NORMES (AFNOR)

  • NF A45-104. Décembre 1987. Produits sidérurgiques - Barres et plats forgés en aciers à outils - Tolérances dimensionnelles.
  • NF E82-000. Juillet 2015. Forge par estampage et matriçage - Vocabulaire
  • NF en 10243-1 Décembre 1999. Pièges forgées par estampage en acier – Tolérances dimensionnelles – Partie 1 pièces exécutées à chaud sur marteaux-pilons ou presses verticales

11.4. CONVENTIONS COLLECTIVES

12. BIBLIOGRAPHIE

13. ADRESSES UTILES

  • Union des Industries et Métiers de la Métallurgie : UIMM

REDACTION

  • AUTEURS : Frédéric Bernaudin (ingénieur) (75), Nicole Motsch (médecin du travail retraité) (BF) (95), Pierrette Trilhe (médecin du travail) (CMIE) (75), Jean-Noël Izard (responsable sécurité) (Aubert et Duval) (09), Jean-Michel Baffet (technicien sécurité) (Aubert et Duval) (09)
  • DATE DE CREATION : Septembre 2007
  • RELECTEURS : ESQESE (31) 2017 Etudiants Master 1B :  Romain pignat   ; Thibault DALLONGEVILLE ; Charlotte FAURE ; Romain PIGNAT
  • DERNIERE MISE A JOUR : Juin 2017

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